Aller au contenu principal
« Aht Uh Mi Hed », le chant du cygne de Shuggie Otis

« Aht Uh Mi Hed », le chant du cygne de Shuggie Otis

Nova Classics: « Aht Uh Mi Hed » de Shuggie Otis.

Par La programmation musicale.

Cet été, Radio Nova revisite ses propres classiques : les raretés de tout bord qui rythment notre antenne, de la soul-funk au hip-hop en passant par les musiques afro-latines et la pop.  Aujourd'hui : « Aht Uh Mi Hed » de Shuggie Otis.

Shuggie Otis n’a que 21 ans lorsqu’il arrête sa carrière en 1974, après la sortie d’Inspiration Information, troisième album magnifique qui aura signé sa perte.

Le garçon est incroyablement précoce: fils de Johnny Otis, l’un des pionniers du rhythm & blues, Shuggie a déjà une guitare entre les mains à deux ans. À onze ans, il joue avec son père dans les clubs de Los Angeles, portant une fausse moustache et des lunettes noires pour ne pas qu’on voit qu’il est mineur. Au début des années 70, l’un des morceaux de Shuggie est repris par le groupe Brothers Johnson: alors que la version originale n’a eu qu’un succès mineur, la reprise de « Strawberry Letter 23 » est un énorme tube qui fera le tour des radios tout au long des années 70. 

Shuggie, lui, s’isole pendant trois ans pour produire son troisième album. Il y joue presque tous les instruments (guitare, basse, batterie, claviers, drum machines et vibraphone). À sa sortie, Inspiration Information peine à marcher dans les charts, mais les plus hautes pointures de l’époque crient au génie: Sly Stone n’en croit pas ses oreilles, Quincy Jones veut le produire, les Stones et Bowie lui demandent de jouer pour eux. Retranché dans son isolement, en proie à la dépression, Shuggie refuse tout. Son label rompt son contrat, et Shuggie disparaîtra du jour au lendemain, n’apparaissant plus en public pendant plus de 40 ans. 

Inspiration Information est depuis devenu culte, cité comme l’une des influences principales de Prince. Parmi les chefs-d’oeuvre qui le composent, « Aht Uh Mi Hed » (littéralement « Hors de ma tête ») est un morceau chaleureux, lumineux, composé paradoxalement au pic de sa dépression, suite à un trip à l’acide. On y entend notamment l’une des premières drum machines de l’Histoire, la Rhythm King, celle-là même que Sly Stone utilisait sur « Family Affair » et Timmy Thomas sur « Why Can’t We Live Together »

Visuel : © Capture d'écran Youtube