Aller au contenu principal
Alexander Delgado et les grandes évasions de l’histoire

Alexander Delgado et les grandes évasions de l’histoire

La chronique hebdo de Thomas Zribi, dans Plus Près De Toi.

Par Bastien Stisi

Au Pérou, après un an de cavale et après s’être évadé de la prison de haute sécurité d’Ancon, Alexander Delgado a finalement été repris par la police. Dans Plus Près De Toi, Thomas Zribi en profite donc pour vous raconter les évasions les plus audacieuses de l’histoire.

Je voudrais vous parler de ce qui s’est passé il y a quelques jours au Pérou. Après un an de cavale, Alexander Delgado a finalement été repris par la police. Il s’était évadé de la prison de haute sécurité de Ancon, à l’ouest du pays. Et la manière dont il avait procédé avait fait de lui l’un des maîtres de l’évasion. Je voudrais donc en profiter pour vous raconter les plus belles évasions réussies ces dernières années à travers le monde.

Alexander Delgado : évasion pour pouvoir voir Maman

Je commence par l’histoire d’Alexander Delgado. En 2015 il est condamné à 16 ans d’emprisonnement pour vol et viol sur mineur. Le 10 janvier 2017, au petit matin, il reçoit la visite de son frère jumeau Giancarlo Delgado, qui lui apporte de la nourriture et des lettres de membres de leur famille. Les deux hommes s’entretiennent d’abord dans le parloir, puis ils sont autorisés à se rendre ensemble dans la cellule. C’est là qu’Alexander applique son plan. Il propose à son frère un verre de soda, qu’il a rempli de somnifères. Giancarlo s’endort, Alexander lui vole ses vêtements et sa carte d’identité, et sort tranquillement en passant toutes les portes. Quand son frère se réveille, il doit prouver que ce n’est pas lui le criminel, pour cela on lui prend ses empreintes digitales. Il doit aussi prouver qu’il n’est pas complice, ce qui prend du temps, mais finalement il est relâché.

Alexander Delgado a donc été repris. Il a assuré que s’il s’était évadé, c’est parce qu’il voulait absolument revoir sa mère. Ce qui prouve donc qu’il préfère sa mère à son frère.

Son frère justement a été interviewé. Il n’est pas rancunier. Il a déclaré qu’il aimait toujours Alexander, et qu’il lui pardonnait

Choi Gap-bok : le fantôme coréen

Un autre d’exemple de sublime évasion a eu lieu en Corée du Sud. Le 12 septembre 2012, Choi Gap-bok est arrêté pour vol.

Le 17 septembre, cinq jours plus tard, il disparaît de sa cellule, de manière incompréhensible pour les gardiens. Ils visionnent les images de vidéo surveillance, et découvrent qu’il est passé par le trou qui sert à donner les plateaux-repas aux détenus, tout en bas de la porte grillagée. C’est un espace de 45 cm de long sur 15 cm de hauteur, en principe impossible à franchir pour un humain normal.

Sauf que Choi Gap-bok n’est pas un humain normal, c’est un maître de yoga, capable de se contorsionner, et qui s’est enduit le corps de gras pour faciliter le passage. Il se fait attraper quelques jours plus tard dans les montagnes. Depuis on l’a enfermé dans une cellule sans trou pour les plateaux-repas. Enfin mon dernier exemple, le plus impressionnant sans doute, est Richard Lee McNair.

Richard Lee McNair : génie américain ?

En 1987, Richard Lee Mc Nair braque un entrepôt de grain dans le Minnesota, aux États-Unis. Il se fait surprendre et tire sur deux hommes, l’un d’entre eux meurt sur le coup. Il se fait rapidement arrêter, et il est condamné à la prison à vie. Il réussit, ce qui est rare, à s’évader 3 fois.

La première fois, au commissariat il passe ses mains à travers ses menottes après les avoir enduites de stick pour les lèvres, puis il s’enfuit en courant dans les rues. La deuxième fois, il passe par les conduits d’aération de sa prison. Mais il est surtout connu pour sa troisième fois. En avril 2006, il réussit à se fabriquer une cachette au milieu de sacs postaux, pliés, et empilés sur des palettes à l’intérieur de la prison. C’est une sorte de petite grotte protégée par des caisses sur le côté. Il se glisse à l’intérieur, et des ouvriers sortent la palette. Plusieurs heures plus tard, il sort à son tour, et se retrouve dehors. Il court le long de la voie ferrée, quand soudain il tombe sur un policier. Le policier, comme ça se fait beaucoup de nos jours, a une caméra sur son capot, la dialogue entre les deux hommes est filmé.

- qu’est ce que vous faites là ?

- un footing, je m’entraîne

- vous avez une pièce d’identité ?

- Non, vous savez je suis un ancien militaire, j’ai pris l’habitude de courir sans pièce d’identité sur moi.

Le dialogue se poursuit, il dure environ 10 minutes, sur un ton très cordial. Le fugitif dit s’appeler Robert Jones, puis il se trompe, redit son nom, cette fois ci c’est Jimmy Jones. Le policier ne tilte pas. Il sait qu’un homme s’est évadé de la prison, mais le signalement est imprécis. Il finit par être convaincu par Richard Lee McNair, et le laisse partir. La vidéo a été diffusée sur Internet, ce qui a brisé la vie du policier, qui est mort l’année dernière d’une crise cardiaque. Richard Lee McNair, lui, a passé 1 an dehors, mais a fini par être repris, au Canada.

Car c’est la morale de toutes ces histoires, s’il est difficile de s’évader, il est tout aussi difficile de vivre en cavale. La plupart ne tiennent pas longtemps.

Le podcast du jour, dans Plus Près De Toi.