Aller au contenu principal

En Belgique, une chaîne humaine pour empêcher les expulsions de migrants

Les forces de polices devaient procéder à une vague d’arrestations.

Par Clémentine Spiler

Près de 2 500 personnes se sont rassemblées dimanche 21 janvier au nord de Bruxelles pour protester contre les expulsions de migrants. Des citoyens, prévenus la veille de possibles arrestations, ont formé une chaîne humaine pour les empêcher. Celle-ci reliait la gare du Nord au parc Maximilien, un lieu où se trouvent beaucoup de migrants et demandeurs d'asile.

maximilien

Des opérations de police ont lieu régulièrement à cet endroit de la ville pour expulser des exilés. Selon le site belge RTL Info, qui cite des sources policières anonymes, le gouvernement aurait récemment décidé de ne plus procéder à des arrestations massives « trop sensibles politiquement », mais plutôt à une vingtaine d’interpellations par jour, censées être plus discrètes. En effet, les Bruxellois, ainsi que les maires de deux communes adjacentes, Schaerbeek et St-Josse, ne veulent plus être associés à ces « rafles ».

« La solidarité n'est pas un crime »

Cette fois-ci, alors qu’une importante opération de police semblait imminente, les Bruxellois ont décidé de réagir, répondant à l’appel de la Plateforme Citoyenne de soutien aux réfugiés, un collectif citoyen qui accueille migrants et demandeurs d’asile. « La seule chose que nous faisons, c'est leur donner un peu d'humanité sur le long et parfois terrible chemin qu'ils doivent parcourir. Nous continuerons à dire "Non" à la politique inhumaine de ce gouvernement », témoigne un membre de cette plateforme dans La Libre. Un autre ajoute que tous les migrants et demandeurs d’asiles présents dans le parc, 500 environ, ont été logés par des « citoyens-hébergeurs » dimanche soir.

Dans le quotidien belge, Alexis Deswaef de la Ligue des Droits de l'Homme souligne que des opérations de résistance ont eu lieu au sein même des forces de police : « Les zones locales de Bruxelles-Capitale et Bruxelles-Nord ont refusé de participer à l’action. » Et d’ajouter, « La solidarité n'est pas un crime. C'est grâce à l'engagement de nombreux citoyens qu'il n'y a pas de deuxième Calais à Bruxelles, pas grâce au gouvernement. »

Visuel © Twitter/Emmanuel Foulon‏