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Ginjin, Lil Thug E : le son de la trap mongole

Ginjin, Lil Thug E : le son de la trap mongole

Dans BAM BAM, on se demande ce qu'on écoute...en Mongolie.

Par Sophie Marchand & Jean Morel

Chaque semaine, dans BAM BAM, on se balade quelque part sur terre - à la découverte des tendances musicales du monde entier. 

Et aujourd’hui, c’est un voyage assez surprenant dans un pays dont on connaît mal la musique que l’on vous propose : la Mongolie, c’est-à-dire le pays avec la plus faible densité de population au monde, soit deux habitants au kilomètre carré. Ce pays dans lequel vivent trois millions de mongoles (un tiers d’entre eux sont nomades, et un autre tiers vit à Oulan-Bator, la capitale), fait partie de ces États qui se sont trouvés, pendant longtemps, sous influence directe du Kremlin et de l’URSS (entre 1925 et 1992, dans ce cas précis). Sa musique, elle aussi, était sous influence, à tel point qu’en Mongolie, on ne put pendant longtemps jouer que des chansons pro-soviétiques, les autres - les musiques traditionnelles mongoles, surtout - n’étant pas autorisées par le régime.

En 1991, forcément, la chute de l’URSS change la donne. Un double phénomène s’opère alors. D’une part, les musiques (essentiellement vocales et folkloriques, et dont la mission est la transmission orale des histoires et d’un mode de vie pastoral) et les instruments traditionnels mongoles se trouvent réhabilités. D’autre part, l’ouverture à l’Ouest amène d’autres instruments dans le pays, une ouverture qui a pour conséquence de faire émerger des chanteurs pop qui questionnent la société mongole. On doit notamment citer Saara, plus succès de l’histoire de Mongolie, à qui l’on doit un hymne féministe : « Chi Heregüi », comprendre « je n’ai pas besoin de toi ». 

Les millennials au pouvoir

Aujourd’hui, comme dans beaucoup d’endroits sur la planète, c’est la musique des millennials qui monopolise les charts, cette génération qui au-delà de la chute du mur, est surtout connectée à Internet. Il n’existe cependant que très peu d’informations sur les charts mongols - et pour tout vous dire, quand on regarde le classement iTunes, c’est le Random Acces Memories des Daft Punk, qui date tout de même d’il y a cinq ans, qui est encore numéro 3 des charts… En Mongolie, il n’existe pas non plus l’application Shazam, indicateur pertinent dès lors qu’il s’agit de mesurer la popularité d’un morceau dans un endroit donné.

Timberland, 2Pac et marques de luxe

Alors, afin de mener à bien notre enquête et de savoir ce que les Mongols écoutaient comme musique, on s’est fiés au top YouTube et de Youku, son équivalent chinois. Et le résultat est assez frappant : comme partout dans le monde, la musique en Mongolie a tendance à s’uniformiser. Le titre numéro 1 est un featuring entre deux rappeurs mongols : Ginjin et Lil Thug E. Vous avez bien lu, « Lil Thug E ». Et ils font de la trap Mongole…  Celle-ci est sponsorisée par Timberland, cite 2Pac, et toutes les marques de luxe que les rappeurs américains ont l’habitude de citer…

Dans ce classement, on croise aussi à plusieurs reprises NMN, une jeune chanteuse qui, elle, fait de la pop qui reprend tous les grands codes de la pop internationale.

On écoute donc celui que beaucoup considèrent comme le Pharell Williams mongol, ENEREL en feat avec NMN, (ça ne s’invente pas). Ça s’appelle « Shuleg Goo Brand », et vous allez voir, ça ressemble à peu près à tout.

BAM BAM, c'est le Bureau des Affaires Musicales de Radio Nova, animé par Sophie Marchand et Jean Morel, du lundi au vendredi sur Nova.

Visuel : (c) capture d'écran de « Taa Daa » de Lil Thug E & Ginjin