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Une compilation fait le point sur les musiques antillaises des années 1960

Une compilation fait le point sur les musiques antillaises des années 1960

« Antilles Méchant Bateau » sort sur Born Bad Records.

Par Sophie Marchand & Jean Morel

Chaque jour, Jean Morel et Sophie Marchand font leur journal musical, dans BAM BAM.

Antilles

Le voyage que l’on vous propose vous emmène, bien loin, dans les Antilles des années 60. Et c’est un voyage qui est rendu possible par le label Born Bad Records, qui vient de sortir une excellente compilation : Antilles Méchant Bateau. Une compile qui rassemble quinze très beaux morceaux et une note écrite par Jacques Denis, qui en raconte la dimension historique

Antilles Méchant Bateau cherche à mettre en avant la musique des Antilles, bien au-delà des clichés que la musique de la région véhicule parfois, afin de raconter son véritable patrimoine musical : la biguine, le kompa, le gwo ka, et le zouk.

Une véritable identité créolisée

Cette compilation, c’est aussi l’histoire de musiciens qui affirment leur identité créolisée. L’histoire d’un héritage imposé par le commerce triangulaire, et ces bateaux appelés « négriers » qui ont arraché des millions d’Africains de chez eux pour en faire des esclaves. Ce que cette compilation rappelle aussi c’est que l’esclavage ne sera aboli définitivement, en France, qu’en 1848, et qu’une ségrégation économique perdurera encore très longtemps et ce même après le statut de Département d’outre-mer accordé en 1946. 

Et dans cette lutte pour conserver son identité, la musique a toujours été essentielle. C’est ainsi que le ka devient dès les années 1960 l’instrument de la musique identitaire pour les Guadeloupéens. Le Ka, c’est l’héritage de ces tambours que fabriquaient les esclaves pendant l’époque coloniale et qui permet de jouer sept rythmes spécifiques qui donnent le gwo ka. Le rythme du gwo ka rappelle les ancêtres qu’on ne veut pas oublier sachant que dans les années 60, on interdit encore de parler le créole dans les cours d’école. 

C’est une très belle initiative qui participe, avec des compilations comme Antilles Chérie d’Émile Omar, à un devoir de mémoire musical important. Bien souvent en métropole, on connaît mieux les musiques caribéennes anglophones que le Kompa et la Biguine des Antilles françaises. La séance de rattrapages est pour tout de suite.

BAM BAM, c'est le Bureau des Affaires Musicales de Radio Nova, animé par Sophie Marchand et Jean Morel, du lundi au vendredi sur Nova.

Visuels : (c) Born Bad Records