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« Je ne pense pas que Marquis de Sade ait fait école »

« Je ne pense pas que Marquis de Sade ait fait école »

Marquis de Sade a contribué à imposer le punk en France ? Ça valait bien le déplacement à Rennes.

Par Bastien Stisi & Massinissa Naït Mouloud

Il y a eu ce plasticien, Patrice Poch, qui a eu l’audace, il y a quelques mois, de vouloir sortir de terre un monument soigneusement enfoui dans les tréfonds du passé, et ce depuis plus de trente-cinq ans. En cinq petites années d’existence (77-81, soit celles qui virent la naissance du punk) et deux albums - Dantzig Twist et Rue de Siam -, Philippe Pascal, Frank Darcel et Marquis de Sade (un auteur qu’aucun des membres ne paraît avoir jamais lu avec une grande assiduité…) ont mis la ville de Rennes sur une carte de France, et ont contribué à l’arrivée du punk en France - que l’on a rapidement dû appeler post-punk, cold-wave etc.

Patrice Poch donc, a proposé au groupe, qui n’en est plus un depuis longtemps (si Frank Darcel est encore aujourd’hui dans la musique, le batteur Eric Mornière, lui, occupe un gros poste aux services pénitenciers de Rennes), de se reformer à l’occasion d’une expo qu’il organisait et d’un livre qui devait suivre (vingt-quatre plasticiens se sont inspirés chacun d’une oeuvre de Marquis de Sade pour proposer une oeuvre originale). Contre toute attente, le groupe accepte. Mais pour une date unique. Celle-ci, qui devait à la base être très intime, aura lieu sur la scène du Liberté, à Rennes, et fonctionnera tellement bien (un DVD en atteste) que d’autres seront rapidement programmées, dont une belle date qui arrive, notamment, à Villette Sonique ce samedi.

Finalement, entre ce que l'on proposait en 78 et maintenant, le rock n'a pas tellement changé

Marquis de Sade, un groupe culte ? « Sans doute que c’est dû au caractère très éphémère du projet. Et au fait que l’on soit resté intransigeant avec notre musique », dit Philippe Pascal, ce chanteur et parolier dont on se souvient les gesticulations scéniques hyper baroques et qui est encore pourvu aujourd'hui d'une élégance folle. « Finalement, entre ce que l'on proposait en 78 et maintenant, le rock n'a pas tellement changé », ajoute-t-il aussi. Propos pertinent pour rencontre sur place, à Rennes, dans cette ville qui a vu le groupe éclore il y a plus de trente-cinq ans, et qui le voit renaître aujourd'hui, sous un jour toujours résolument libre.