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Joseph Mount : « J'ai acheté un tracteur pour aller au pub »

Joseph Mount : « J'ai acheté un tracteur pour aller au pub »

À l'occasion de son 10e anniversaire, Metronomy sort une réédition de son album « Nights Out ». Joseph Mount, ainsi, était l'invité du Nova Club.

Par David Blot

Joseph Mount était l’invité de David Blot dans le Nova Club à l’occasion des dix ans de Metronomy et de la réédition - enrichie de titres inédits - de leur deuxième album, « Nights Out ». Entretien musical.

Tu ne vis plus en France ?

Joseph Mount : Non, je suis retourné en Angleterre, au sud-est dans le Kent, juste à temps pour le Brexit. Avec ma famille on cherchait davantage une vie à la campagne. Mais revenir à Paris, aujourd’hui, avec ce beau temps, c’est aussi très agréable.

Ta femme est française. Ce ne sera pas trop compliqué à gérer pour vous, le « hard Brexit » ?

Joseph Mount : Je suis sûr que ça ne sera pas si difficile. Tout va bien se passer. Ma femme pourra toujours se cacher quelque part dans la campagne anglaise, un peu comme 21 Savage (qui, pour tout le monde, était un américain d’Atlanta et a en fait la nationalité anglaise et de sérieux problèmes en ce moment, ndlr).

Ma femme pourra toujours se cacher quelque part dans la campagne anglaise

Tu es retourné vivre là où tu as grandi ? Pourquoi pas la France, il y a de belles campagnes aussi ?

Joseph Mount : C’est vrai. Ce qui est intéressant en France, quand tu vas dans un petit village, ce sont les PMU. Mais il n’y a pas vraiment de pub. En Angleterre, même au milieu de nulle part, il y a toujours un pub.

Tu as donné récemment une interview dans le magazine anglais Q où tu parles de ton tracteur. Il va bien ?

Joseph Mount : Je crois que c’est la meilleure chose qui me soit arrivée. Tous les gens qui ont un tracteur le disent. Bon, jusqu’à ce que tu aies un accident et que tu perdes ton bras, ce qui n’est pas encore mon cas.

Qu’est-ce que tu en fais de ce tracteur ? C’est juste pour parader ou tu cultives quelque chose quand même ?

Joseph Mount : Non, c’est pour aller au pub.

Le 8 février ressort, onze ans après, Nights Out, le deuxième album de Metronomy. Un peu comme les albums mythiques de Marvin Gaye, Diana Ross qui ressortent avec 2 CD, des démos, des inédits…

Joseph Mount : De mon côté je suis en train de bosser sur un nouvel album. Et puis ma maison de disques m’a signalé que Nights Out allait fêter ses dix ans. Au début, je préférais me concentrer sur mes nouveaux projets. Et puis en y réfléchissant je suis retombé sur des démos, des trucs qui n’étaient pas sortis à l’époque et je me suis dit pourquoi pas !

Et cette version de Heartbreaker en Français ?

Joseph Mount : Beaucoup de gens croient que je viens de la faire mais non, je l’ai faite il y a dix ans. Si je devais la refaire aujourd’hui, je ferais sûrement mieux, j’avais fait ça dans un Français phonétique à l’époque. Mais ma copine me dit que c’est charmant.

Cet album, c’est finalement celui qui a affirmé Metronomy, non ?

Joseph Mount : Oui il a tout changé pour nous et a fait découvrir le groupe en France mais aussi partout dans le monde. C’est un trip nostalgique un peu bizarre au milieu de nos nouveaux projets.

J’écoute davantage de musique maintenant, pour « remplir le silence »

Est-ce que le fait de retourner vivre à la campagne t’a fait écouter la musique de manière différente, qu’à Paris par exemple ?

Joseph Mount : J’écoute davantage de musique maintenant, pour « remplir le silence ». À Paris il y avait de la musique tout le temps, des distractions sonores, des fêtes… À la campagne je peux écouter ma musique tranquillement, et pousser le volume à fond. Un peu comme Aphex Twin dans son tank.

Visuel © Getty Images / Rob Ball