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La drôle d'histoire derrière « Once in a Lifetime » des Talking Heads

Dans Bam Bam et via Openculture, la genèse d'un morceau d'exception.

Par Sophie Marchand & Jean Morel
Talking Heads

Dans Bam Bam, notre focus du jour décrypte un morceau mythique des Talking Heads - dont l’histoire vient d’être racontée par une chouette vidéo. Cette vidéo, elle a été dénichée par le site Openculture. Et ce morceau, c’est un prêche inclassable, de la new-wave, de la pop, du rock - le fameux « Once in a Lifetime » écrit par David Byrne, et sa bande en 1980. A l’époque, le groupe est en studio, pour enregistrer ce qui va devenir leur quatrième album, Remain in The Light

Mais les Talking Heads, alors, n’ont pas envie de faire les choses comme avant. Ils veulent créer de la musique avec des nouveaux outils, et de façon plus démocratique. Alors ils se mettent à faire des jam, à enregistrer la voix de Byrne, ici la basse Tina Weymouth, à un autre moment les batteries de Chris Frantz - et à tout retravailler, inspirés par l’art et le savoir faire de Fela Kuti - roi de l’afrobeat. 

En studio, ils ont invité un certain Brian Eno, avec qui David Byrne en personne est en train de composer un album qui s’appellera My Life In The Bush of Ghosts - constitués de voix enregistrées à la radio ou sur des disques. Et c’est cette joyeuse troupe qui, par une série d’accidents heureux, arrive à créer ce titre qui est sans doute le morceau plus connu du groupe.

Un des accidents, c’est par exemple que Brian Eno - qui coproduit le disque et le morceau - n’arrive pas à s’accorder sur le décompte des autres musiciens. C’est ce qui explique la drôle d’arythmie dans la production, décalée par rapport au décompte de la basse. À propos de « Once In a Lifetime », Brian Eno a d’ailleurs dit qu’il avait deux centres de gravité.

D’ailleurs à cette époque, Brian Eno a tout le temps sur lui un jeu de société qu’il a inventé, les Obliques Stratégies : des cartes qui stimulent la créativité et qu’il tire dès qu’il a un doute. Sur chaque carte, un conseil - parfois très clair comme « n’ait pas crainte des choses faciles », ou parfois plus mystique comme « juste une partie, pas l’intégralité ». Ce sont ces drôles de directions qui guident le groupe. 

Au début, le morceau ne plait pas à Brian Eno, mais finalement le groupe décide de le garder. Pour les paroles, David Byrne qui a beaucoup trop regardé la télévision s’inspire des évangélistes, dont les prêches passent en boucle sur les télés américaines. Et de détourner le message religieux pour parler de l’individu moderne qui ne sait plus vraiment où il va. 

Le dernier heureux accident qui va rendre ce morceau mythique, c’est son drôle de clip - qui quelques années plus tard va tourner en boucle sur MTV. Et c’est donc cette production bancale, ces paroles qui font entrer en transe et ce clip inoubliable qui explique le succès de ce petit chef-d’œuvre des Talking Heads. 

Bam Bam, c'est le Bureau des Affaires Musicales de Radio Nova, animé par Sophie Marchand et Jean Morel, du lundi au vendredi sur Nova.

Visuel (c) capture d'écran YouTube