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Les rappeurs racontent la planète Marseille dans un documentaire

Les rappeurs racontent la planète Marseille dans un documentaire

Comment, en 30 ans, le rap a placé Marseille sur la carte de la France. Un exposé d’une heure avec un nouveau documentaire, « De IAM à Jul, Marseille capitale du rap ».

Par Morane Aubert.

Nous sommes dans les années 80. Le rap français n’existe quasiment pas. Le modèle à l’époque, c’est New York, avec des groupes comme Public Enemy, Eric B. & Rakim et une culture qui se développe, autant dans le graffiti, dans la danse que dans la musique.

En France, il y a des radios libres (Radio Nova, oui), qui, dès le début des années 80, font résonner dans Marseille le son des États-Unis. C’est une ville portuaire, et dans chaque bateau américain qui y fait escale, il y a dans l'équipage des fans de hip-hop, qui vont faire découvrir les dernières sorties US aux jeunes emcees français.

Plus tard viendra l’émission H.I.P. H.O.P., présentée par Sidney, avec un générique mythique, « à chipper, à chopper ».

Il faudra attendre le début des années 90 pour que le rap marseillais commence à devenir l’expression d’une ville, grâce à IAM. Le groupe fait ses premières apparitions à la télévision. Ils composent à partir de ce qu’ils entendent dans les rues. En 1991, ils sortent leur premier album, Planète Mars, et posent les bases du rap marseillais.

Comme beaucoup de mouvements musicaux, le rap marseillais se construit en plusieurs actes, en plusieurs générations. IAM d’abord, puis la Fonky Family, puis Psy 4 De La Rime et enfin, la nouvelle garde, celle d’internet et des réseaux sociaux, celle de SCH ou de Jul. 

Ce qui est fort dans ce documentaire, c’est l’engagement de ces artistes. Ils ont grandi dans une ville cosmopolite, dans l’échange et la différence. Les images de Kenny Arkana sur une scène en soutien aux victimes de l’effondrement des immeubles rue d’Aubagne, celles de Soprano qui raconte comment l’assassinat d’Ibrahim Ali — jeune Marseillais d’origine comorienne — par des colleurs d’affiches du Front National en 1995 a changé le rap à tout jamais, ou encore celles de Soso Maness, qui revient dans la tour où il vendait de la drogue à l’époque pour, cette fois, distribuer son disque et donner une image positive à la jeunesse de son quartier… Au-delà de tout ce que ces artistes ont pu apporter à la musique, en France, on comprend comment s'est construit ce lien si fort, qui réunit le rap et Marseille, depuis maintenant 30 ans.

Le documentaire D’Iam à Jul, Marseille capitale du rap, à visionner sur le site de France Télévision.

Visuel © D’IAM à Jul, Marseille capitale du rap