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L'Impératrice : « Notre vie est géniale, on fout pas une cravate tous les matins »

L'Impératrice : « Notre vie est géniale, on fout pas une cravate tous les matins »

On est allé poser quelques questions au groupe parisien lors de leur résidence à La Rochelle.

Par Armel Hemme

Charles de Boisseguin, fondateur du groupe L’Impératrice est en ligne avec nous. Toujours sur les routes, depuis un petit moment maintenant, qu’il vente ou qu’il neige. Dans la Grasse matinale, On l’interrompt, ce matin, en pleine séance de travail.

Bonjour Charles, qu’est-ce que vous faites ?

Charles de Boisseguin : Bonjour Armel. En ce moment on est en résidence à La Rochelle pour travailler les lives de l’Olympia le 29 et 30 janvier qui terminent notre tournée française.

Après combien de concerts ?

Charles de Boisseguin : Je n’ai pas le chiffre exact mais je dirais une centaine. On tourne depuis janvier 2018.

Comment est-ce que vous pourriez résumer cette année 2018 ?

Charles de Boisseguin : En un seul mot je dirais : chanceuse. Parce qu’on a un groupe qui émerge un peu. J’ai l’impression que la musique que l’ont fait est assez particulière au milieu de tout ce qui se passe au milieu de la scène francophone. C’est vrai qu’on a ce côté un peu désuet, un peu rétro. On aime bien garder des sonorités pas très modernes. On regarde un peu derrière nous, c’est ce qu’on aime faire. On a été chanceux d’avoir autant de public, de remplir autant de salles et d’être aussi soutenus. Je trouve qu’on a beaucoup de chance.

Pourquoi vous dites « désuet » ? Il y a quand même beaucoup de gens qui regardent dans le rétro en terme de musique. On passe notre temps à réinventer ce qui a déjà été fait.

Charles de Boisseguin : C’est vrai mais en fait nous on ne prétend pas réinventer quoi que ce soit. Je pense qu’on puise dans nos influences, dans ce qu’on aime écouter, c’est-à-dire un ensemble très large de musiques qui va des 60’s aux 80’s et dans tous les genres, que ça soit dans le jazz, dans le rock, en funk, en disco, beaucoup de bandes originales aussi. On écoute de la musique actuelle, par exemple on aime beaucoup ce que fait Anderson .Paak ou toute la nouvelle scène un peu R’nB US, mais dans le son on a pas envie de sonner comme un groupe récent, ni même dans les paroles, ni même dans l’imagerie. Même au niveau de la formation, on est 6 sur scène, ça se fait de moins en moins. On a que des synthés, des « vrais » instruments, et j’ai l’impression que c’est une formule qui ne se fait plus trop.

Je pensais à une interview de James Blake lue récemment où il parle de la folie de la tournée, quand la santé mentale des musiciens peut en prendre un coup parfois, avec ce truc hyper répétitif de voyages, de balances, de répondre aux interviews, de monter sur scène, de repartir en camion tous les jours tous les jours tous les jours… Qu’est-ce que vous en pensez ?

Charles de Boisseguin : Je pense qu’il ne faut pas trop se centrer sur soi, il faut aussi ouvrir les yeux et se dire qu’on fait ça pour un public, pour des gens qui viennent nous voir. Nous on a l’habitude de discuter longuement avec les gens après chaque concert, et quand tu les vois te regarder avec des grands yeux en disant « mais votre vie est géniale, ça a l’air fou » on se dit que c’est vrai, que notre vie est géniale, on fout pas de cravate tous les matins, on visite des villes, on voit des gens nouveaux à chaque fois. On arrive à jauger un public en fonction de sa ville, c’est quand même génial de voir que les gens réagissent différemment en fonction de l’endroit où ils vivent, parce que culturellement c’est différent, parce que la dynamique de la ville est différente. Alors oui il y a une routine, mais c’est à toi de la casser. Moi je pense qu’il faut vraiment décoller les yeux et regarder un petit peu plus loin. Je suis pas d’accord du tout avec James Blake (rires).

Aucune fatigue alors tant mieux, puisque la tournée va se prolonger maintenant autour du monde ! Les États-Unis c’est ça ?

Charles de Boisseguin : Oui, c’est fou. On va jouer à San Francisco deux fois, on a déjà un concert complet donc on en a lancé un deuxième. On joue à Los Angeles, à Boston, à Chicago, à Philadelphie, à Washington et à New York.

C’est vrai que vous avez une vie pas mal en fait !

Charles de Boisseguin : C’est cool ! Et on en profite. Je pense qu’il faut en profiter maintenant, la musique c’est tellement cyclique, les gens changent de goût très vite. Alors pendant qu’ils nous aiment bien on en profite, on est là.

L'Impératrice sera en concert ce vendredi 25 janvier à La Rochelle puis ce samedi 26 à Bordeaux avant 2 concerts parisiens à l'Olympia les 29 et 30 janvier.

Visuel © L'Impératrice