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Less Playboy Is More Cowboy I Poitiers.

3 belles journées de Paf dans ta Façe pour oublier Woodstock.

22 août 2019
Par captain -xxx-
Less Playboy Is More Cowboy I Poitiers.

Less Playboy Is More Cowboy ? Définitivement pas un truc pour les mauviettes.


Chaque édition est l'occasion pour l'équipe du Confort Moderne de nous présenter, sur un plateau, une exquise collection de grenades dégoupillées, qu'elles soient sonores ou visuelles. Et se faire exploser la gueule pendant trois jours, ça fait du bien, dans un monde  quand même plutôt dominé par le consensus mou.

Donc : Merci ! (dis je, en crachant une canine sanguinolente).


Alors, oui, c'est indéniablement Rock'n'Roll, dans l'esprit, mais pas forcément dans la forme. Ici, on va chercher tout ce qui est rebelle, qui casse les codes, expérimente sans aucune pudeur et atomise les limites.

C'est pour ça d'ailleurs que l'édition 2019 commence par un bal trad'.

Oui, vous avez bien lu.


Mais trad', ça ne veut pas dire conventionnel. Loin de là. Avec le collectif   La Nòvia, on a affaire à une bande de musiciens émérites, certes branchés sur le patrimoine, mais pour en sortir une sorte d'uchronie musicale aussi réjouissante que déconcertante.  Et vous verrez, lors de cette étrange nuit de noces, qu'on peut tout à fait danser sur un air troussé à la cornemuse Béchonnet 11p.

Cette soirée du jeudi s'achèvera d'ailleurs par un grand bal "plunderphonic". Comprenez par là, un grand concassage des musiques populaires produisant un ébouriffant espéranto sonore incitant à la guinche et à chanter tous en choeur.


Vendredi, ça pique les yeux ! On fête en effet les 30 ans de la Fanzinothèque, cette enclave magique, nichée dans le Confort Moderne, qui archive avec amour pas moins de 55 000 fanzines tous plus déjantés les uns que les autres.

Pour l'occasion, le staff à réalisé "Album de Famille", un fanzine rétrospectif dont j'attends avec hâte qu'il me crame la rétine. Au menu également, une expo de l'intégrale des posters de Lapin Canard, (158 bonnes raisons, donc d'aller chez l'ophtalmo), le retour de "Sortez La Chienne" en mode dazibao, une install' surprise d' "Arrache toi un Oeil", une plongée dans le slip du punk tricolore grâce aux photos de Roland Cros, un marché de créateurs, sérigraphes, torcheurs de mickeys, disquaires fous et autres graphistes, tous bons à enfermer.


Et du concert, bien sur, qui sent bon le napalm au petit matin.

Peür nous propose rien moins qu'un lâcher prise brutal, l'italienne Maria Violenza, un exorcisme pour hérétiques en direct live et les abominables Stop II, un récital de poésie white trash qui ferait rougir le plus endurci des rednecks.

Fin de la boucherie au bar avec Punk Floyd et le Révérent Poy derrière les platines. Initiation au Pogo, préparation intensive pour gueule de bois de vernissage carabinée par groupe de douze. (Gratuit - Sur inscription).)

 


Ça va ? Ça se passe toujours bien ? Tant mieux, parce que le samedi aussi est gratiné.... L'après midi,  gratuit, se déroule aux quatre coins du Confort et, dans les recoins entre les expositions lancées la veille, fleurissent de nouvelles propositions allant de l'impro pop de Jim Ballon, du krautrock dubbé de Société Étrange, à l'avant garde folk écorchée de Bégayer en passant par  la B.O. d'accident industriel fomentée par Lfant, seul, aidé de quelques futs et bidons dégommés...

Au milieu de cette saine effervescence sonique stationne un camping car qui héberge une installation vidéo de Laure Subreville, basée sur des entretiens réalisés avec l'ethnologue Jean Michel Baudet, grand spécialiste des orchestres Tulé chez les Wayãpi d’Amazonie centrale, le tout passé à la moulinette d'un synthé pluggé en mode Drone....

Au Confort, comme tu le vois, nul besoin de drogues pour changer de niveau de perception, une simple ballade sur site suffit, en général....


Et, tant qu'à faire un tour, larguons les amarres pour de bon, tâtons du cosmique. Vous vous rêviez une bonne fièvre du samedi soir? Elle sera convulsive et frénétique !


Allons y, dans le désordre le plus total : Frankie and the Witch Fingers jouent un putain de rock'n'roll de drogués sexuels, un vrai truc de branques entre Black Sabbath, les Sonics, le 13th Floor et les Oh Sees.

C'est de la bonne, direct de Los Angeles.

Pendant de temps là, au club, une petite sauterie quelque peu hallucinée se prépare, à l'occasion de la release party d'Ophelia, projet dans lequel on retrouve l'habitée Émilie Pitoiset, bien décidée à purger votre âme de ses obscénités à grands coups de drones.

A la manoeuvre également, les petits suisses de Cyril Cyril, duo de derviches retourneurs qui convoquent le groove et la déglingue au service de la trance et mine de rien, d'une prise de conscience subtilement subversive. Méfiez vous de ces deux là, ils sont peut être suisses, mais certainement pas neutres.


Bon, on danse, on danse et il ne s'agirait pas de gâcher la fête en se pétant une cheville. C'est pourtant ce qui risque de vous arriver durant le set des Snapped Ankles. Cette escouade de bersekers Chewbacca, pur produit de l'underground londonien le plus taré, perpétue l'essence du post punk canal historique façon Swell Maps, Pop Group, A certain Ratio en y injectant une soyeuse rasade d'esprit tribal fleurant grave la rave... Si vous n'êtes pas surs de vos ligaments, roulez vous par terre, ça le fera aussi.

Et, à tous seigneurs, tout honneur, puisque leur nom et l'incandescence de leurs prestations scéniques collent parfaitement avec l'esprit de ce festival : Les Psychotic Monks seront aussi de la partie. Sulfureux, psychédéliques, surfant perpétuellement sur les limites de la cata dans un bordel d'enfer, ces petits gars ont réussi un vrai tour de force : Non seulement, ils ont prouvé que les français peuvent envoyer grave du rock'n'roll, même s'ils ne sont pas les premiers dans ce cas, mais surtout, ils ont réussi à ce que les français s'en rendent compte. Ce qui en soit est un exploit qui mérite d'être salué.


Hoppopop ! Ne partez pas, c'est pas fini ! On ne va pas se coucher si tôt, les voisins seraient foutus de s'inquièter...


Le drapeau noir se lève en effet sur le dance floor pour une nuit qui fera la part belle au Turc Mécanique, à l'occasion des sept ans du label.

On reste donc calé, au taquet, dans une passionnante et exhaustive exploration du concept de bordel ambiant et d'une certaine idée du punk, Ça tombe bien, puisque le parquet est déjà glissant à souhait en raison des centaines de bières qui y ont été renversées depuis l'ouverture des portes.    

Des conditions idéales donc, pour que s'expriment en toute effervescence bien chaotique,  Pasteur Charles, a.k.a. Charles Cros, le boss  du label annoncé dans une session hot house aux parfums frelatés de backroom déviante, le bon Jardin, récemment re-converti au rap (no shit), Bajram Bili, plus apaisé mais pas moins tordu, Oktober Lieber dans un set où tu te rendras compte que les filles aussi peuvent glisser un truc dans ton verre... Et le joker du soir sera l'allemand Errorsmith, vétéran de la scène club teutonne avec ce petit plus expérimental qui saura donner à tes chorés une nouvelle dimension, carrément transgenre.

Voilà, voilà, encore une de ces petites soirées tranquilles dont le Confort a le secret depuis les années 80, et il n'y a pas de raison que ça change.....

Des place à gagner grâce à un jeu concours des plus sophistiqués ! Le mot de passe est sur la page facebook Nova Aime...

 

 

Less Playboy Is More Cowboy @ Confort Moderne, Poitiers du 12 au 15 septembre.