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"The Lighthouse" de Robert Eggers

En salles le 18 décembre !

6 décembre 2019
Par Nathalie Gardner
"The Lighthouse" de Robert Eggers

Lâchez les amarres ! The Lighthouse transforme un huis clos minimaliste en duel furibard secoué par les embruns et un exceptionnel duo d'acteurs.

Ne pas se fier à la toute première impression qu'impose The Lighthouse. Son format carré d'image ne prépare pas à un film où bientôt plus rien ne tournera rond. Il vaut mieux se fier au son récurrent de la corne de brume du phare où tout se déroule, signal d'alarme clair : The Lighthouse est une sacrée zone de turbulences. Au moins autant pour les deux personnages (un vieux loup de mer et un jeune novice prenant leur service pour garder la bâtisse pendant quelques semaines) que pour les spectateurs embarqués dans une tempête sous deux cerveaux.

Ils sont seuls, mais pourtant sacrément accompagnés par des visions insensées où des rémanences, des ambiances de contes fantastiques d'Edgar Allan Poe ou H.P Lovecraft au théâtre de Pinter ou Beckett, dont The Lighthouse invoque le goût pour l'absurde et la folie.
Willem Dafoe et Robert Pattinson se chargeant par leurs exceptionnelles prestations de porter le tout vers le baroque. 

Et si la démence règne sur ce bout d'île balloté par les éléments et la tornade mentale qui s'empare de ce duo, The Lighthouse est porté par l'incroyable maîtrise de son réalisateur, Robert Eggers, tirant jusqu'à l'obsession (le phare est un décor intégralement construit en dur, la langue parlée est celle des gardiens de phare en service au XIXe siècle, jusqu'au moindre bouton de costume conçu comme ceux des uniformes de l'époque, où la lentille optique de la caméra, prélevée sur un authentique appareil de 1905). Dans ce cadre étroit et cette action secouée, tout est à une place précise, laissant malgré tout de la place pour des interprétations possibles de ce duel à marée haute, entre possible exploration d'une relation toxique jusqu'au lavage de cerveau ou étude farceuse (car oui, entre deux moments de sidération absolue, on rit aussi dans The lighthouse) de la rivalité masculine.

Pendant que Pattinson et Dafoe montent de plus en plus haut dans les tours, celle du phare et sa mystérieuse lampe ne cesse de surplomber cette dantesque épopée en huis clos. Comme pour confirmer que, tant par sa sublime mise en scène que par les performances insensées de Pattinson et Dafoe, The Lighthouse est un film totalement illuminé.
A.M

En salles mercredi 18 décembre

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