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Kendrick, porte-parole d'une génération

Une énième bavure policière donne naissance à un hymne nouveau.

Par Estelle Honnorat

Vous l'avez entendu? Geraldo Riviera, collaborateur de la chaîne Fox News, n'hésitait pas à clamer à la sortie du titre "Alright" de Kendrick Lamar, que le Hip-hop aurait causé "plus de tords aux Afro-américains que le racisme lui-même". Aujourd'hui, il semble que le titre soit devenu l'hymne pacifique de toute une génération choquée par la haine raciale qui entâche les procèdures judiciaires comme les interventions des "forces de l'ordre" au quotidien. 

Dimanche à 14h, une nième bavure policière fait la Une de la chaîne ABC News 5. Un enfant noir de 14 ans a été arrêté alors qu'il aurait présenté des signes d'ébriété à bord de l'un des bus de la ville de Cleveland. Au cours de l'altercation, des témoins oculaires ont vu les forces de police locale frapper le jeune homme alors même qu’il battait le sol. 

Quelques instants plus tard, les étudiants de l'université de la ville ont décidé, à la sortie d'une conférence tenue par le Movement for Black Lives, de se réunir dans la rue pour protester contre l'arrestation abusive et négocier la relaxe du jeune détenu. En gage de solidarité, la foule a entonné le nouveau titre de Kendrick Lamar : Alright. Serait-ce là le nouvel hymne pour défendre la cause noire aux Etats-Unis ? 

Pendant le rassemblement, un des policiers gaze la foule au flow pacifique sous prétexte qu'elle les empêchait de traverser le périmètre... La vidéo qui montre l'acte en question a momentanément été supprimée. 

Selon le site d'investigation ProPublica, les jeunes hommes noirs tués par la police sont toujours 21 fois plus nombreux que les jeunes hommes blanc. Témoins d'une époque charnière, les artistes américains ne sont pas prêts d'en découdre afin d'accompagner toute une génération sous tension. On vous conseille d'aller faire un tour sur cette interview où Mos Def nous fait part ses réflexions sur la mort de Michael Brown à Baltimore

"We gon'be alright, We gon'be alright, We gon'be alright..."