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L’Argentine continue d’étouffer la scène électronique

Une nouvelle ville interdite de clubbing.

Par Morane Aubert

La guérilla menée contre la musique électronique par les gouvernements locaux se propage en Argentine. Comme le rapporte Trax via le site El Marplatense, le maire de la cité balnéaire Mar Del Plata, située sur la côte Atlantique, a décidé de s’attaquer à ce qu’il considère comme un problème de santé publique. C’est à nouveau la répression qui prend le pas sur la prévention, puisque ce décret vise avant tout la consommation de substances illicites.

La détermination du maire sera rapidement mise à l’épreuve avec notamment la venue de Nina Kraviz fin janvier pour un set dans un des clubs de la ville, le Destino Arena. Comme le rapporte Trax, le club annonce sur sa page Facebook avoir rencontré les autorités, pour un bilan plutôt positif quant à la tenue de leurs prochains évènements. 

Buenos Aires bis

Ce n’est pas la première fois qu’un gouvernement local s’en prend à la scène électronique. En novembre dernier, c’est le maire de Buenos Aires, Horacio Rodríguez Larreta, qui demandait l’annulation du concert de Kraftwerk, en pointant du doigt l’utilisation par le groupe allemand de  "synthétiseurs et de samplers en tant qu'instruments principaux".

En creusant davantage le sujet, on se rendait compte que cette relation tumultueuse entre les autorités et les acteurs de la scène électronique s’instaurait dès 2004. L’année où le nightclub República Cromañón prenait feu et laissait derrière lui 194 morts. Une confrontation qui finissait de s’embraser en 2016, avec le décès de cinq personnes par overdose lors de la troisième édition sud-américaine du festival Time Warp

Barem, DJ originaire de Buenos Aires nous confiait alors dans cette interview : "aucune de ces interdictions n’apprend aux jeunes quels sont les dangers relatifs à certaines drogues, il est donc probable qu’une telle tragédie se reproduise."

Visuels : (c) DR