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Habibi Funk

Un mix de reggae et de disco… libyen

Des années 70 aux années 2000. Large spectre, grand voyage.

Par Bastien Stisi

Nous vous avons souvent parlé sur cette antenne du travail de Jannis Stürtz, ce DJ, voyageur, connexioneur et très gros digger qui, depuis des années, parcourt le monde arabe (du Maroc à l'Égypte, du Liban au Soudan, de l'Algérie à la Tunisie...) à la recherche de ces disques que l’histoire a mis un temps de côté et que des chercheurs d’or finissent par sauver de ces puits sans fonds que l’on appelle l’oubli.

Via son label Habibi Funk, Jannis, qui vit et travaille à Berlin mais passe parfois une tête chez Radio Nova, a ainsi pu faire paraître depuis 2015 des disques (pures rééditions ou compilations de morceaux dénichés ici et là) proposant des focus sur du gwana funk marocain, du jazz soudanais, de la musique de films algériens...).

Du reggae libyen, aussi, et c’est notamment en s’intéressant, plus en profondeur, à la carrière d’Ahmed Ben Ali, joué un temps en playlist sur cette antenne (le morceau « Subhana »), que Jannis a pu concocter ce mix, dévoilé aujourd’hui sur Radio Nova, qui fait un tour d’horizon de comment sonne, à Tripoli et dans ses environs, la musique reggae, disco, funk, des années 70 aux années 2000. Large spectre, grand voyage.

Et alors, comment ça sonne ? Eh bien comme une version, libyenne donc, du « Staying alive » des Bee Gees pour ce morceau introducteur qui vous semblera, de fait, bien familier (voilà pour la partie disco), ou comme une vision, forcément bien différent de là où elle trouve ses origines (de Kingston à Tripoli, vous voyez l’écart ?), de la musique reggae. Un peu de kitsch, un peu de groove, un peu de basses et surtout, beaucoup d’ailleurs car ce voyage-là vous emmène dans un pays dont on a peu l’occasion d’entendre la musique. Place au passé, place au fantasmes, place à une vision alternative du très grand territoire libyen, place à Najib Al Housh, à Ibrahim Hesnawi, à Najib Al Housh ou à The Free Music, ce groupe qui résumera à lui seul ce que l’on joue ici, via Habibi Funk : une démarche et une musique résolument libres.

Tracklist

Najib Al Housh, « Ya Aen Daly »
Ahmed Ben Ali, « Subhana »
Ibrahim Hesnawi, « Song »
White Birds, « Song »
Ibrahim Hesnawi, « Never Understood »
The Free Music, « ياخالق الخلق »
Ibrahim Hesnawi, « Enta Al Horeya » 
Najib Al Housh, « Wyn Wyn »

Visuel © Habibi Funk